Comment identifier les risques psychosociaux en entreprise ?

Risques psychosociaux

Publié le : 21 avril 20217 mins de lecture

Stress, fatigue, pression psychologique… En 2016, la caisse d’assurance maladie a dénombré pas moins de 10 000 accidents du travail, liés aux fameux RPS. Ce à quoi il faut ajouter les incidents non-déclarés… De fait, ce phénomène est devenu une problématique de taille pour les ressources humaines. Comment détecter les risques psychosociaux ? Détails ci-dessous.

Risque psychosocial : quèsaco ?

Ce terme – aussi connu sous l’abréviation RPS – désigne tout bonnement des situations de travail, où l’on dénote (séparément ou non) :

  • du stress ou un déséquilibre entre la manière dont une personne appréhende les contraintes de son environnement professionnel et les ressources qui doivent lui permettre d’y faire face ;
  • des violences internes à l’entreprise, telles que du harcèlement moral ou sexuel, mais aussi des conflits notables entre salariés ;
  • des violences externes, émanant donc d’individus extérieurs à la société (des insultes ou des menaces, par exemple).

Aussi, les RPS peuvent être le fait de l’activité, de son organisation ou de l’environnement de travail. Ils doivent être établis dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels, obligatoire pour tout employeur.

Les répercussions des risques psychosociaux en entreprise

Loin de n’impacter que la santé des salariés et collaborateurs qui en seraient les victimes, les RPS peuvent également porter atteinte à la santé de l’entreprise elle-même. Hausse de l’absentéisme, dégradation de l’atmosphère au travail ou encore accélération du turn-over sont autant de répercussions de ce fléau. De fait, son poids économique et social n’est plus à prouver : en France, la facture s’élèverait de 1,9 à 3 milliards d’euros par an. Ce montant englobe ainsi le coût de l’absentéisme, les dépenses liées aux soins, à la cessation d’activité, mais aussi – dans les cas extrêmes – aux décès.

Comment détecter les risques psychosociaux au travail ?

Face à de tels chiffres, de nombreuses ressources ont été mises en place, afin d’enrayer le phénomène et de soutenir les entreprises qui doivent y faire face. Assurance maladie (AMELI), services de santé et médecins du travail constituent quelques-uns de ces recours. En amont, il est cependant nécessaire d’être en mesure de détecter ces fameux risques. Dans cette optique, 4 indicateurs peuvent vous aider à dresser un premier bilan de la situation au sein de votre équipe. Le détail concernant ces derniers est disponible sur le site de la fonction publique.

Le taux d’absentéisme

Pas n’importe lequel, toutefois : nous parlons ici du taux d’absentéisme pour motif de santé. Aussi, les congés maternité ou paternité, les congés parentaux et ceux de formation ne doivent pas être intégrés à ce calcul. La formule de calcul est la suivante : nombre de jours d’arrêt maladie / effectif total.

Le taux de rotation

Pour établir ce second indicateur, vous devez procéder comme suit : ((Total des départs et arrivées au cours de l’année N) / 2)) / Effectif moyen de l’année N L’effectif moyen, quant à lui, est obtenu en divisant par 12 l’effectif de salariés à l’issue de l’année N.

Le taux de visite sur demande

Il s’agit des demandes de visite adressées au médecin de prévention. Pour calculer ce chiffre, vous devez simplement établir le nombre de demandes spontanées reçues pour 100 collaborateurs.

Le nombre d’actes de violence physique

À répertorier selon quatre catégories préétablies :

  • les faits perpétrés par le personnel avec arrêt de travail ;
  • les faits perpétrés par le personnel sans arrêt de travail ;
  • les faits perpétrés par des usagers avec arrêt de travail ;
  • les faits perpétrés par des usagers sans arrêt de travail.

Observation et vigilance

Le calcul de ces différents indicateurs doit vous permettre de dresser un bilan, à la lumière des caractéristiques de votre activité. Parmi les principaux axes de réflexion que vous devez établir, observez notamment :

  • la fréquence, autrement dit, notez-vous un taux important, voire une hausse soudaine des visites dispensées par votre médecin du travail, par exemple ;
  • l’homogénéité ou au contraire la disparité des résultats. En d’autres termes, si RPS il y a, ceux-ci sont-ils centrés sur un service en particulier ? ;
  • la cohérence vis-à-vis des chiffres nationaux. Jugez-vous que vos indicateurs soient relativement conformes à la moyenne française ou non.

Dans le cadre de cet état des lieux, établissez précisément – si ce n’est pas déjà fait – les risques auxquels vos collaborateurs peuvent être exposés dans le cadre de leur activité. Si vous vous sentez un peu démunis face au sujet, sachez que l’INRS propose de nombreux outils méthodologiques, afin de vous accompagner dans l’évaluation des risques professionnels, ainsi que dans leur intégration au document unique (également appelé document unique de sécurité ou encore document unique d’évaluation des risques). Attention : ce dernier est une obligation légale. Par ailleurs, au-delà d’établir les facteurs de risque (nécessaires à la mise en œuvre du compte pénibilité, notamment), le DUER constituera le point de départ de votre politique de prévention des risques professionnels. Le socle de votre plan d’actions, si vous préférez, au cœur duquel la médiation en entreprise est généralement fortement préconisée.

Pour conclure…

Outre le fait d’être imposée par la loi, l’attention accordée à la survenue de potentiels RPS vous épargnera bien des problèmes, tant économiques qu’humains. Bien que les femmes aux alentours de la quarantaine semblent être davantage impactées par ce phénomène, retenez enfin que tous vos salariés peuvent être concernés, indépendamment de tout critère.

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